Comment nourrir un chien souffrant de maladie rénale ou hépatique efficacement


Lorsque notre compagnon à quatre pattes souffre d’une maladie rénale ou hépatique, l’alimentation devient vite un vrai casse-tête, car le moindre écart peut impacter fortement sa santé et sa qualité de vie.

La première solution repose sur l’adaptation de son régime alimentaire : il est essentiel d’apporter à son chien une alimentation spécifique, composée d’ingrédients faciles à digérer, pauvre en protéines et en phosphore pour les maladies rénales, ou modérée en lipides et enrichie en antioxydants pour les troubles hépatiques. On privilégiera des repas faits maison (sous contrôle vétérinaire) ou des croquettes médicalisées formulées pour ces pathologies. Certains compléments alimentaires, comme les oméga-3 ou des vitamines précises, peuvent aussi soutenir sa fonction organique. Enfin, il faut surveiller l’état d’hydratation et fractionner les repas pour alléger le travail des reins ou du foie.




Dans la suite de cet article, je vous détaille conseils pratiques, erreurs à éviter, exemples de menus et choix judicieux pour mieux savoir comment nourrir un chien souffrant d’une maladie rénale ou hépatique.






Adapter l’alimentation d’un chien atteint de maladie rénale ou hépatique : principes fondamentaux




Face à une maladie rénale ou hépatique, le choix des aliments et la structure du régime de votre chien deviennent des leviers majeurs pour soutenir sa santé. Les deux pathologies exigent différents ajustements nutritionnels, mais un point commun demeure : il s’agit de soulager les organes (reins ou foie) pour préserver, autant que possible, leur fonction résiduelle.




Dans le cas des maladies rénales, on cherchera principalement à réduire les apports en phosphore et à adapter la teneur en protéines. Côté affections hépatiques, l’attention sera portée sur la qualité des protéines, la limitation des lipides (surtout en cas de troubles du métabolisme des graisses) et l’enrichissement en antioxydants et vitamines. Cela doit toujours être équilibré pour éviter toute carence ou déséquilibre métabolique (Consensus ACVIM, 2016 ; Laflamme, Manual of Veterinary Nutrition, 2014).



Quels aliments privilégier pour un chien souffrant de maladie rénale ?



Réduction du phosphore et protéines contrôlées




Le phosphore est l’ennemi n°1 du rein malade : il aggrave la progression de l’insuffisance rénale et peut accélérer la destruction du tissu rénal restant. L’objectif est donc de choisir des aliments pauvres en phosphore, soit via des gammes médicalisées adaptées, soit via une ration ménagère élaborée avec soin sous contrôle vétérinaire.




Les protéines doivent être de haute qualité mais en quantité modérée : l’organisme en a besoin, mais leur dégradation génère des toxines filtrées par le rein. On évite donc viande rouge abondante, abats et croquettes non spécialisées, au profit de viandes blanches (poulet, dinde), œufs ou poisson maigre, sélectionnés pour leur digestibilité et leur teneur réduite en déchets azotés.












À privilégierÀ limiter voire éviter
Viandes maigres (poulet, dinde sans peau)
Poisson blanc
Œuf entier bien cuit (modéré)
Riz blanc, pâtes, pommes de terre
Légumes fibreux non riches en potassium (haricots verts, courgettes)
Abats (foie, rognons)
Viande rouge
Produits laitiers riches en phosphore (fromage dur)
Légumineuses
Os, aliments riches en minéraux


Gestion des minéraux et ajout d’oméga-3




Les oméga-3 issus des huiles de poisson, riches en EPA/DHA, contribuent à limiter l’inflammation rénale (article scientifique IRIS, 2022). L’apport en sodium doit rester modéré, sauf avis vétérinaire contraire (cas d’hyponatrémie ou d’hypertension associée). Les aliments du commerce spécialisés (croquettes rénales) proposent un équilibre idéal en micronutriments.



Recommandations pour l’alimentation d’un chien atteint de maladie hépatique



Des protéines de haute valeur biologique et un apport lipidique surveillé




Le foie malade peine à transformer les nutriments et détoxifier l’organisme. Pour l’aider, on privilégie des protéines digestes mais en quantité ajustée : blanc de poulet, poissons maigres, parfois fromage frais maigre pour varier les sources (Kaneene et Miller, 2020). Si l’animal souffre d’encéphalopathie hépatique, la part des protéines animales doit être surveillée et complétée par des protéines végétales, moins productrices d’ammoniaque.




Les matières grasses doivent parfois être restreintes, notamment en cas de trouble de la bile ou de malabsorption. On misera sur les acides gras à chaîne moyenne (huile de coco, par exemple) et des huiles riches en antioxydants (huile de colza, huile de poisson).



Vitamines, antioxydants et glucides sélectionnés




Face à la hausse du stress oxydatif hépatique, l’apport en vitamines E, C et B s’avère bénéfique : elles participent à la régénération cellulaire du foie et renforcent sa capacité de détoxification. Les glucides digestes (riz, patate douce, pâtes) sont à privilégier pour leur facilité d’absorption et leur rôle énergétique, sans solliciter exagérément le foie fatigué.












Aliments favorablesAliments à éviter
Viande blanche cuite (poulet, dinde)
Poisson maigre
Fromage blanc maigre
Pâtes, riz, patate douce
Huile de colza, huile de poisson
Légumes cuits pauvres en fibres (carotte, courgette)
Aliments gras (viande grasse, charcuterie, beurre)
Aliments riches en cuivre (abats)
Légumineuses
Os, aliments épicés ou trop salés


Fractionnement des repas et hydratation : clés du confort digestif




Pour un chien atteint de pathologie rénale ou hépatique, fractionner les repas (3 à 5 prises par jour) est vivement conseillé. Cette répartition limite la surcharge métabolique des reins ou du foie lors des digestions massives et stabilise la glycémie, apportant un meilleur confort digestif et comportemental (Laflamme, 2014).




L’hydratation est aussi capitale : un chien insuffisant rénal doit boire sans restriction (eau fraîche libre, parfois fontaines), car le rein malade ne concentre plus correctement l’urine et expose rapidement aux déshydratations.



Erreurs courantes et précautions indispensables




Même avec la meilleure volonté, certains choix peuvent s’avérer risqués. Utiliser des régimes maison sans encadrement vétérinaire mène souvent à des carences, notamment en vitamines B, potassium ou calcium. Les friandises « maison » type fromage, charcuterie ou restes de table sont à proscrire : elles sont généralement trop riches en sel, phosphore ou graisses (source : Fichier « Alimentation-maladies-chroniques.pdf »).




Gardez à l’esprit que des compléments comme le calcium, la vitamine D ou les phytothérapies doivent obligatoirement être validés par un professionnel, car toute automédication pourrait aggraver le tableau clinique, en particulier chez le chien poly-médicamenté.



Exemple de menu journalier adapté




Pour une première idée concrète, voici un exemple de ration journalière pour un chien de 20 kg en insuffisance rénale légère, à titre informatif (à personnaliser impérativement avec votre vétérinaire) :
































IngrédientQuantité
Poulet cuit sans peau100 g
Fromage frais 0%30 g
Riz blanc cuit200 g
Courgettes cuites100 g
Huile de poisson (EPA/DHA)1 cuillère à café
Complément minéral-vitaminé (formule adaptée, vétérinaire)Selon indication



Cet exemple reflète la nécessité de simplifier la ration, d’éviter les composants inutiles et d’assurer une parfaite digestibilité. L’ajout d’un complément adapté reste essentiel pour équilibrer sur le long terme, chaque situation pouvant nécessiter des adaptations spécifiques (source : Fichier « Alimentation-maladies-chroniques.pdf », IRIS).



Points essentiels à retenir pour soutenir un chien malade




  • Consultez systématiquement un vétérinaire ou un spécialiste en nutrition animale avant tout changement de régime

  • Privilégiez les rations pauvres en phosphore (maladie rénale) ou graisses (maladie hépatique)

  • Fractionnez les repas et vérifiez continuellement l’hydratation de votre chien

  • Distinguez bien les conseils concernant les maladies rénales de ceux pour le foie : chaque organe malade demande une adaptation nutritionnelle spécifique

  • Soyez attentif à l’évolution : modifiez la ration dès qu’un changement d’état général apparaît (perte d’appétit, vomissements, abattement)








Sources utilisées.



  • Fichier : Alimentation-maladies-chroniques.pdf

  • Laflamme D., Manual of Veterinary Nutrition, Edition 2014

  • Consensus IRIS (International Renal Interest Society) 2022, guidelines on renal diet management in dogs, http://www.iris-kidney.com/guidelines/en/

  • Kaneene JB, Miller R., Management of Liver Disease in Dogs, 2020

  • ACVIM Consensus Statement, Recommendations for the Diagnosis and Management of Chronic Kidney Disease in Dogs, 2016

  • Source interne : littérature vétérinaire / nutrition canine







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