De nombreux maîtres de chiens se demandent comment s’assurer que les croquettes de leur compagnon ne présentent pas de risques pour sa santé, dans un marché où la qualité varie énormément d’un produit à l’autre.
Repérer une croquette de mauvaise qualité repose sur l’examen attentif de la liste des ingrédients, la présence d’additifs artificiels, le pourcentage de protéines animales réelles et la transparence du fabricant. Il est crucial d’éviter les compositions riches en céréales, farines animales non précisées et sous-produits de viande, tout en privilégiant des formulations claires et compréhensibles. Scrutez également l’étiquetage nutritionnel afin de garantir un apport adapté et sain pour votre chien.
Dans la suite de cet article, nous allons explorer en détail chaque critère pour vous permettre d’identifier efficacement les croquettes à éviter et privilégier la santé de votre animal.
Examiner la liste des ingrédients : le premier réflexe à adopter
Le point de départ pour repérer une croquette de mauvaise qualité, c’est l’analyse attentive de la liste des ingrédients. En effet, selon la réglementation européenne, les ingrédients sont classés par ordre d’importance quantitative. Si les premiers éléments cités sont des céréales (maïs, blé, riz) ou des sous-produits animaux non spécifiques, méfiez-vous : il s’agit souvent d’un signe de qualité discutable.
Les protéines animales de qualité doivent arriver en tête de liste et leur nature doit être clairement précisée : « poulet frais », « agneau déshydraté », « poisson ». Des termes vagues comme « protéines animales », « viandes et sous-produits animaux », ou « farine de viande » cachent généralement des restes de faible valeur nutritive, parfois difficilement digestibles pour l’animal (source : FEDIAF, 2021).
En revanche, une formulation claire et transparente, axée sur des ingrédients identifiés, est le gage d’une meilleure traçabilité et d’un apport nutritionnel maîtrisé pour votre compagnon.
Tableau récapitulatif : ingrédients à surveiller
| À privilégier | À éviter |
|---|---|
| Viandes fraîches identifiées (poulet, canard…) | Sous-produits animaux, farines non spécifiées |
| Poisson frais nommé | Céréales en tête de liste |
| Fruits et légumes frais | Graisses animales non précisées |
Le taux et la qualité des protéines animales
Le chien demeure un carnivore à tendance omnivore. Ces besoins en protéines animales sont donc élevés. Une croquette de piètre qualité offre souvent un pourcentage faible de protéines (inférieur à 25 %) ou, pire, tire son quota principalement de protéines végétales dont la digestibilité est moindre.
Autre élément clé : la provenance des protéines. Seules les croquettes mentionnant « viande fraîche », « déshydratée » ou « hydrolysée » issues d’une espèce animale précise garantissent un apport nutritionnel adapté et mieux assimilé par l’organisme de votre chien (Source interne : NRC Nutrient Requirements of Dogs and Cats, 2006).
Évitez aussi les produits affichant trop de légumineuses, pommes de terre ou pois, souvent utilisés pour gonfler artificiellement la teneur protéique au détriment de la qualité globale de l’aliment.
Identifier les additifs et conservateurs artificiels
Un autre signal d’alerte concerne la présence d’additifs chimiques, colorants et conservateurs artificiels tels que BHA, BHT, propyl gallate ou éthoxyquine. Nombre de ces substances, bien qu’autorisées en Europe, sont régulièrement mises en cause pour leurs effets indésirables à long terme sur la santé des animaux (Source : Anses, 2019).
Tournez-vous vers les croquettes utilisant des conservateurs naturels, tels que la vitamine E (tocophérols) ou l’extrait de romarin. Leur présence favorise le maintien des propriétés organoleptiques sans mettre en danger la santé de votre chien.
Un étiquetage nutritionnel rassurant et transparent
Le tableau analytique contenu sur l’emballage vous permet de vérifier la teneur en protéines, lipides, fibres et cendres. Attention aux croquettes affichant plus de 12 % de cendres brutes : cela trahit une utilisation massive d’os broyés ou d’autres résidus de faible valeur alimentaire (Canine and Feline Nutrition, Case et al., 2011).
De même, la quantité de fibres doit rester maîtrisée (autour de 2 à 3,5 %). Un excès révèle souvent l’incorporation de sous-produits végétaux peu digestibles, utilisés comme « passe-plat » pour combler à bas prix.
Les sous-produits et les céréales : attention aux excès
La présence importante de céréales (blé, maïs, riz en grande quantité) et de sous-produits animaux (non identifiés ou non propres à la consommation humaine) réduit l’apport réel en nutriments essentiels et peut engendrer des troubles digestifs, des allergies ou une surcharge pondérale.
Selon l’ouvrage Small Animal Clinical Nutrition (Hand et al., 2010), une alimentation trop riche en céréales n’est pas adaptée au métabolisme du chien, notamment chez les sujets sensibles ou allergiques.
Optez quand cela est possible pour des aliments contenant des glucides digestibles mais en quantité limitée, et aucune mention « sous-produits animaux » non précisés.
La transparence et la traçabilité du fabricant
Un dernier point mais non des moindres : la transparence de la marque. Un fabricant fiable communique spontanément sur l’origine de ses matières premières, la localisation de son usine et la traçabilité de ses lots. Il privilégie la mention « ingrédients issus de l’agriculture locale ou contrôlée ».
En cas de doute concernant la provenance ou la qualité des croquettes, il est recommandé de consulter le site du fabricant ou de solliciter l’avis de votre vétérinaire-nutritionniste, qui saura vous guider en toute objectivité.
Signes visuels et comportementaux chez le chien
Au-delà de l’étiquetage, la réaction de votre chien constitue un baromètre précieux. Un pelage terne, des selles volumineuses et malodorantes, une baisse d’énergie ou des troubles digestifs répétés témoignent souvent d’une alimentation inadaptée.
Des manifestations cutanées (grattage, rougeurs), otites à répétition ou prise/perte de poids inexpliquée doivent vous alerter sur la nécessité de revoir la qualité de la ration (Source interne : Guide pratique de nutrition canine, D. Grandjean, 2018).
Une surveillance attentive de ces signes, couplée à une lecture critique de l’étiquette, demeure l’outil le plus efficace pour garantir le bien-être et la longévité de votre compagnon à quatre pattes.
Résumé pratique : vérifier la qualité d’une croquette en 5 étapes
- Vérifier la liste des ingrédients et bannir les sous-produits non identifiés.
- Privilégier des protéines animales de qualité, idéalement en premier ingrédient.
- Éviter les conservateurs et colorants artificiels ; préférer les antioxydants naturels.
- Analyser le profil nutritionnel (protéines, lipides, fibres, cendres) par rapport aux besoins de l’animal.
- S’assurer de la traçabilité et de la transparence du fabricant.
Sources utilisées :
- FEDIAF, Guide nutritionnel pour animaux de compagnie, 2021.
- NRC, Nutrient Requirements of Dogs and Cats, 2006.
- Case, Hand et al., Canine and Feline Nutrition, 3e édition, 2011.
- Anses, Rapport sur les additifs alimentaires pour animaux, 2019 (https://www.anses.fr/fr/system/files/ALAN2017SA0067Ra.pdf).
- Hand et al., Small Animal Clinical Nutrition, 5e édition, 2010.
- D. Grandjean, Guide pratique de nutrition canine, 2018.
- Source interne : littérature vétérinaire / nutrition canine.






