Les risques de bactéries avec le BARF : sont-ils vraiment importants ?


La question des risques de bactéries avec le BARF inquiète à juste titre de nombreux propriétaires et éleveurs de chiens, soucieux de la santé de leurs compagnons ainsi que de la leur.

En réalité, le régime BARF (Biologically Appropriate Raw Food) présente un risque bactérien qui n’est pas à prendre à la légère, surtout en raison de la manipulation de viande crue. Il existe effectivement des bactéries potentiellement dangereuses, tant pour les chiens que pour les humains, pouvant entraîner des problèmes de santé si des précautions strictes d’hygiène ne sont pas respectées. Toutefois, avec une sélection rigoureuse des aliments, un stockage adapté et des mesures d’hygiène simples mais efficaces, ces risques peuvent être largement maîtrisés au quotidien. L’essentiel est d’être informé et vigilant pour profiter des avantages du BARF sans mettre en danger la santé de tous.





Dans la suite de cet article, nous allons explorer en détail quels sont ces risques, comment les limiter efficacement, et partager des conseils pratiques pour une alimentation BARF sûre et sereine.






Comprendre les risques de bactéries avec le BARF




Commencer une alimentation BARF, c’est opter pour une nourriture crue, inspirée du régime naturel des canidés sauvages. Pourtant, avec la viande crue vient inévitablement la question des risques bactériens. Pour faire la part des choses, il faut d’abord identifier les principales bactéries concernées et analyser comment elles représentent un enjeu pour la santé du chien et de l’humain.




Les bactéries fréquentes dans le régime BARF incluent Salmonella, Escherichia coli (E. coli), Campylobacter et Listeria. Ces agents pathogènes peuvent être présents dans la viande, notamment lorsque la chaîne du froid est rompue ou que l’abattage ne répond pas aux normes sanitaires optimales (Source : Guide pratique de l’alimentation du chien, Dr Lefebvre, 2022).




Certains chiens peuvent tolérer plus facilement ces bactéries, leur système digestif étant plus résistant que celui de l’humain. Cependant, cela ne les rend pas totalement immunisés ; des troubles digestifs, des diarrhées ou des infections sévères peuvent survenir, chez les chiots, les animaux âgés ou immunodéprimés notamment.



Tableau récapitulatif des principales bactéries et leurs risques





























BactérieSymptômes chez le chienRisque pour l’humain
SalmonellaDiarrhée, vomissements, fièvreFièvre, douleurs abdominales, diarrhée sévère
E. coliDiarrhée, léthargieInfection urinaire, gastro-entérite
CampylobacterDouleurs abdominales, diarrhéeMaux de tête, fièvre, douleurs intestinales
ListeriaRares chez le chien, mais possible septicémieFièvre, courbatures, complications neurologiques



En pratique, la présence de ces bactéries dans la viande crue n’est donc pas à sous-estimer pour ses propres chiens, mais aussi pour la famille et les enfants, surtout en cas de contact rapproché ou de manipulations maladroites (Avis de l’ANSES, 2018).



Risques sanitaires pour le chien et pour l’humain : faut-il s’inquiéter ?




Le réel danger du BARF ne réside pas uniquement dans la contamination directe de l’animal, mais aussi dans la potentielle transmission zoonotique : un chien porteur de bactéries peut devenir asymptomatique et disséminer ces agents pathogènes dans l’environnement domestique, ou via ses selles.




Pour les maîtres et les éleveurs, le contact avec de la viande crue lors de la préparation, ou le simple ramassage des excréments, expose à un risque accru (Article : “Risques infectieux liés à l’alimentation crue – Le Point Vétérinaire, 2023”). Des cas ont en effet été recensés où toute la famille a été concernée par une intoxication alimentaire suite à une mauvaise gestion du BARF.




Il est à noter aussi que le chien âgé, le chiot ou celui qui souffre d’un déficit immunitaire, pourra développer plus facilement des symptômes sérieux. Les vétérinaires recommandent ainsi une vigilance renforcée pour ces populations sensibles.



Comment limiter efficacement les risques bactériens du BARF ?




La bonne nouvelle : il est tout à fait possible de réduire significativement les risques de bactéries avec le BARF en adoptant quelques règles incontournables d’hygiène et de bon sens. Les résultats scientifiques et les retours d’expérience de terrain convergent pour recommander :



Sélection rigoureuse des aliments




Toujours privilégier une viande crue de qualité, issue de filières contrôlées (abattoirs agréés, conservation optimale). La viande destinée à la consommation humaine, et non des rebuts, est de loin à préférer. En effet, les études montrent que la contamination bactérienne est nettement plus faible lorsque la viande provient d’un circuit contrôlé (Source : Nutrition et Alimentation des carnivores domestiques, Dr Jean-Pierre Wauters, 2019).



Gestion de la chaîne du froid




Conserver la viande crue à une température inférieure à 4°C jusqu’à la distribution, et ne jamais recongeler une viande décongelée. Cela limite la prolifération bactérienne. Par ailleurs, il est conseillé de préparer les rations au dernier moment et de nettoyer immédiatement les ustensiles utilisés.



Hygiène stricte lors de la manipulation




Se laver soigneusement les mains après la préparation, désinfecter les plans de travail et les gamelles, séparer les ustensiles pour la viande crue et les autres aliments… Ces gestes, même simples, font toute la différence pour limiter la propagation des bactéries (recommandation : CDC, “Safe Handling Raw Pet Food”).



Surveillance de la santé du chien




Une vigilance accrue lors des premières semaines d’alimentation BARF permet de détecter rapidement tout signe anormal (diarrhée, léthargie, fièvre). La consultation vétérinaire s’impose au moindre doute.



Autres conseils pour une alimentation BARF sans danger




Pour garantir la sécurité de toute la famille et des animaux, il est recommandé d’éviter de nourrir le chien au-dessus de tapis ou de moquettes, surfaces difficiles à nettoyer en cas de projection ou de chute d’aliment cru. Il faut aussi penser à séparer l’espace de préparation et l’espace de vie, surtout en présence d’enfants ou de personnes fragiles.




Enfin, certaines études vétérinaires soulignent l’intérêt de réaliser périodiquement des analyses de selles chez les chiens nourris au BARF, afin de surveiller l’éventuelle excrétion de bactéries pathogènes, même en l’absence de symptômes (Source interne : littérature vétérinaire / nutrition canine).



Tableau récapitulatif : Bonnes pratiques pour réduire les risques bactériens avec le BARF
































Étape cléConseil pratique
Sélection de la viandeChoisir des viandes d’origine contrôlée et dédiées à la consommation humaine
ConservationRespecter la chaîne du froid, réfrigérer à moins de 4°C
PréparationLaver les mains et le matériel, ne pas mélanger cru/cuit
DistributionNourrir le chien sur surface facile à désinfecter
SurveillanceConsulter le vétérinaire au moindre doute de trouble digestif
Analyses vétérinairesFaire réaliser des coproscopies régulières



En appliquant ces principes, les adeptes du BARF peuvent grandement maîtriser les risques et offrir une alimentation naturelle et respectueuse de la physiologie de leur compagnon, tout en veillant à la sécurité de la maisonnée. La clé : information, rigueur, et accompagnement vétérinaire personnalisé.








Sources utilisées.



  • Guide pratique de l’alimentation du chien, Dr Lefebvre, 2022.

  • Nutrition et Alimentation des carnivores domestiques, Dr Jean-Pierre Wauters, 2019.

  • Le Point Vétérinaire : “Risques infectieux liés à l’alimentation crue”, 2023.

  • ANSES : Avis relatif à la sécurité des aliments crus pour animaux de compagnie, 2018.

  • CDC : “Safe Handling Raw Pet Food”. https://www.cdc.gov/foodsafety/pet-food-safety.html

  • Source interne : littérature vétérinaire / nutrition canine.


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