La popularité grandissante du régime BARF chez les chiens amène de plus en plus de propriétaires à se demander : quels sont les risques d’étouffement ou de blessure avec le BARF ?
Le principal danger du régime BARF réside dans la présence d’os ou de gros morceaux d’aliments crus pouvant provoquer un étouffement, des blessures à la mâchoire, à la bouche, à l’œsophage ou au tube digestif de votre chien. Ce risque existe surtout si les os ne sont pas adaptés en taille ou trop durs, ou si l’animal a tendance à avaler trop vite sans mâcher. Pour minimiser ces dangers, il est essentiel de choisir judicieusement la taille et la nature des aliments, de surveiller la mastication et d’introduire le cru de façon progressive.
Dans la suite de cet article, nous allons détailler les précautions essentielles à prendre, ainsi que les signes à surveiller pour garantir la sécurité de votre compagnon lors de la mise en place du BARF.
Comprendre les dangers spécifiques du BARF : étouffement et blessures
Le régime BARF, qui consiste à nourrir le chien avec des aliments crus, expose naturellement à certains risques mécaniques. Deux dangers principaux préoccupent maîtres et éleveurs : le risque d’étouffement et le risque de blessure (bouche, mâchoires, œsophage ou tube digestif). Pour mieux les anticiper, il est essentiel de bien en cerner les mécanismes et facteurs aggravants.
De manière générale, l’ingestion rapide ou inadaptée d’os crus ou de gros morceaux carnés peut obstruer les voies respiratoires, provoquant une asphyxie, ou léser les parois internes. Ce danger est reconnu par tous les organismes vétérinaires, notamment l’AFVAC (Association Française des Vétérinaires pour Animaux de Compagnie), qui souligne l’importance d’un choix judicieux des composants du BARF (AFVAC, 2020).
Les situations à risque d’étouffement avec le BARF
Le risque d’étouffement avec le BARF concerne surtout les chiens qui :
- Sont de grande taille mais reçoivent des os trop petits, facilement avalables d’un coup.
- Ont un tempérament glouton et engloutissent sans mâcher correctement.
- Débutent le régime cru et manquent d’expérience dans la mastication des aliments entiers.
Concrètement, si un os ou morceau de viande est coincé dans la gorge, la respiration est entravée et un étouffement (obstruction laryngo-pharyngée) peut survenir, nécessitant une intervention très rapide. Les preuves scientifiques montrent que ce risque est supérieur avec les aliments entiers par rapport aux croquettes ou pâtées industrielles (Freiche & Desquilbet, 2013).
Tableau récapitulatif des facteurs de risque d’étouffement selon le type de chien
| Profil du chien | Facteurs aggravants | Recommandations |
|---|---|---|
| Chiot / Jeune chien | Mauvaise gestion de la mastication, imprudence | Os charnus de grande taille, surveillance accrue |
| Chien glouton | Ingestion précipitée, concurrence alimentaire | Rations individualisées, pièces volumineuses |
| Chien âgé ou sénior | Dentition fragile, déglutition altérée | Préférence pour aliments hachés ou broyés |
Il est important de préciser que même les chiens expérimentés peuvent être victimes d’un accident s’ils sont excités ou distraits pendant le repas. Par conséquent, la surveillance reste la meilleure prévention.
Lésions et blessures : où et comment peuvent-elles survenir ?
Les blessures associées au régime BARF concernent principalement :
- La cavité buccale : fragments d’os pointus pouvant entailler la gencive, casser une dent ou blesser la langue.
- L’œsophage : passage de débris d’os trop rigides pouvant le perforer ou provoquer une œsophagite grave.
- Le tube digestif : perforation de l’estomac ou du côlon, rarement, mais de façon dramatique (Lauten, 2006).
Les os porteurs (fémur de bœuf, par ex.) sont particulièrement incriminés : ils sont trop durs, risquant de briser les dents ou de causer des fissures buccales. Les éclats d’os ingérés peuvent même rester coincés et, s’ils ne sont pas régurgités, migrer ou causer des abcès.
Plusieurs études et rapports vétérinaires insistent : les lésions les plus courantes concernent les gencives et l’émail dentaire, suivies de rares ruptures de l’œsophage ou perforations intestinales (Source interne : littérature vétérinaire / nutrition canine).
Comment limiter le risque d’étouffement et de blessure avec le BARF ?
La première mesure préventive, unanimement recommandée, consiste à adapter la taille et la texture des aliments au gabarit et à l’âge du chien. Les os dits carnés (recouverts de viande et souples, comme les cous de poulet ou de canard) sont à privilégier. Ils permettent une mastication efficace et réduisent la probabilité de fragments dangereux.
Par ailleurs, il est fortement conseillé d’éviter les os cuits, car la cuisson les rend friables et susceptibles de se briser en éclats pointus. Ce point fait consensus dans la communauté vétérinaire (Harvey R., Raw Meaty Bones, 2009).
Voici quelques règles pratiques :
- Introduire progressivement le régime cru pour habituer le tube digestif et la mâchoire.
- Sélectionner des os crus de taille adaptée à la gueule de chaque chien : trop massifs = risque cassure de dents ; trop petits = risque d’avalement direct.
- Privilégier l’alimentation sous surveillance, dans une ambiance calme, sans autres animaux autour.
- Ne jamais donner d’os à un chien présentant des troubles dentaires ou de déglutition.
Parfois, il peut être plus sécurisant de débuter par des viandes hachées ou des morceaux désossés avant de passer progressivement aux vrais os charnus, surtout chez le chiot ou le chien adulte débutant sur le BARF.
Savoir détecter les signes d’accident ou de blessure
Reconnaître rapidement un étouffement ou une blessure permet de sauver la vie de son chien. Voici les signaux d’alerte à ne jamais ignorer :
- Toux soudaine, respiration difficile, ouverture de la bouche anormale.
- Hémorragie buccale, gémissements en mangeant, refus de s’alimenter.
- Salivation excessive, vomissements ou traces de sang dans la salive ou les selles.
- Douleur à la mâchoire, difficultés de déglutition, abattement inexpliqué.
En cas d’obstruction avérée, il est crucial d’intervenir immédiatement ou de faire appel à un vétérinaire d’urgence. La maîtrise des gestes de premiers secours (comme la manœuvre de Heimlich canine) peut s’avérer décisive. Pour les blessures internes, la prise en charge doit être rapide pour éviter toute aggravation : une radiographie ou une endoscopie permettra de localiser le fragment ou la lésion.
Résumé des précautions et bonnes pratiques pour éviter les accidents avec le BARF
| Facteur de risque | Bonne pratique |
|---|---|
| Os inadapté | Choisir os charnus, souples, non porteurs et adaptés à la taille |
| Excitation lors du repas | Calmer l’environnement, éviter les repas en groupe |
| Débutant en BARF | Introduction très progressive, surveiller étroitement la mastication |
| Problèmes dentaires/âges extrêmes | Privilégier la viande hachée, éviter les os entiers |
En suivant ces recommandations, le régime BARF peut être mis en place de façon sereine et sécurisée, tout en respectant la santé de votre compagnon. La clé reste la vigilance et la connaissance des spécificités de chaque chien, pour adapter la ration, les aliments et le mode de distribution à ses besoins réels.
Sources utilisées
- AFVAC, “Le BARF : opportunités et risques”, 2020, https://afvac.com/.
- Freiche V., Desquilbet L., “Risques du BARF chez le chien”, Pratique Vétérinaire, 2013.
- Lauten S.D., “Nutritional Risks of Raw Feeding Practices”, Veterinary Medical Literature, 2006.
- Harvey R., “Raw Meaty Bones”, 2009.
- Source interne : littérature vétérinaire / nutrition canine.






