Le BARF est-il dangereux pour mon chien ? Tout ce qu’il faut savoir


Imaginez vouloir offrir le meilleur à votre compagnon à quatre pattes et vous vous demandez alors : Le BARF est-il dangereux pour mon chien ? La préoccupation est légitime, car le régime BARF (Biologically Appropriate Raw Food), basé sur une alimentation crue et naturelle, soulève de nombreuses interrogations sur ses risques potentiels pour la santé canine. En réalité, le BARF n’est pas dangereux en soi, à condition d’être bien équilibré, préparé avec rigueur et adapté aux besoins individuels du chien. Cependant, des erreurs de composition, des contaminations bactériennes ou des carences peuvent effectivement survenir si le régime n’est pas maîtrisé. Pour nourrir votre chien en toute sécurité avec le cru, il est donc essentiel de bien s’informer, de respecter les dosages et les règles d’hygiène, et au besoin de consulter un vétérinaire nutritionniste canin.





Dans la suite de cet article, nous allons détailler les dangers potentiels du BARF, les précautions à prendre, ainsi que les bonnes pratiques pour garantir le bien-être et la santé de votre chien grâce à ce mode d’alimentation.







Les dangers potentiels du régime BARF pour le chien




Adopter un régime BARF pour son chien soulève inévitablement la question des risques associés à cette alimentation crue. Pourtant, comprendre les véritables points de vigilance permet de faire des choix éclairés et sereins pour la santé de son compagnon.




Le principal danger pointé par les vétérinaires est le déséquilibre nutritionnel. En effet, une ration mal formulée peut entraîner des carences (calcium, vitamines, acides gras essentiels) ou des excès nuisibles (protéines, phosphore). L’ouvrage de référence « Nutrition clinique du chien et du chat » (Hand, Thatcher et al) souligne que le calcul précis des apports est indispensable sous peine de conséquences sérieuses sur la croissance, les os ou la vitalité du chien.




Un autre enjeu de taille concerne la sécurité sanitaire des ingrédients crus. Les viandes non transformées peuvent contenir des bactéries (Salmonella, E. coli, Listeria) ou des parasites (Toxoplasma), susceptibles de provoquer des infections alimentaires, parfois transmissibles à l’humain. Plusieurs études, dont celle de la Fédération des Vétérinaires d’Europe (FVE, 2020), confirment ce risque et recommandent une hygiène scrupuleuse lors de la préparation.




Par ailleurs, certains os crus, s’ils ne sont pas adaptés à la taille ou au mode de mastication du chien, peuvent induire étranglements, occlusions ou perforations digestives. Les jeunes chiens, les seniors ou les chiens à déglutition rapide sont particulièrement exposés.




Enfin, la variabilité des rations « maison » implique un risque accru d’erreur d’équilibrage sur le long terme, ce qui doit encourager à une vigilance continue et à une réévaluation régulière du régime.



Résumé des dangers principaux du BARF




























Type de dangerRisques concretsPopulations à risquePréconisations
Déséquilibre nutritionnelCarences, surdosages, malformations osseusesChiots, seniors, chiens maladesCalcul précis, suivi vétérinaire
Contamination bactérienneInfections, zoonosesTous, familles avec enfants ou immunodéprimésHygiène, congélation, contrôle qualité
Os inadaptésÉtouffement, perforation, blocage digestifPetits chiens, gloutonsOs charnus adaptés et surveillés





Précautions essentielles pour limiter les risques du BARF




Adopter le régime BARF avec sérénité, c’est avant tout appliquer des précautions simples et rigoureuses lors de la préparation, du stockage et du service des rations. Une hygiène irréprochable (lavage des mains, désinfection des surfaces, stockage réfrigéré) est impérative pour limiter la prolifération de bactéries pathogènes, comme le rappellent les recommandations de l’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire).




Pour éviter les carences nutritionnelles, il est conseillé d’utiliser des modèles de ration validés, adaptés à chaque chien selon son âge, son activité et ses éventuels problèmes de santé. La consultation auprès d’un vétérinaire nutritionniste ou l’application des recettes émanant d’ouvrages spécialisés comme « Le guide de l’alimentation naturelle du chien » (Jutta Ziegler, 2012) reste la meilleure garantie d’équilibre sur le long terme.




L’utilisation d’os charnus crus doit s’accompagner d’une observation attentive lors des premiers repas afin de s’assurer que le chien mastique correctement et ne tente pas d’avaler trop vite. Il est recommandé d’éviter les os porteurs (fémurs, os de bœuf très durs) chez les races à mâchoires puissantes pour limiter les risques de fracture dentaire.




S’agissant des viandes, préférez des fournisseurs fiables, idéalement spécialisés dans l’alimentation animale, pour garantir la qualité sanitaire des produits. La congélation préalable (au moins -18°C pendant 3 jours pour les viandes contenant du porc ou du gibier) permet de réduire certains risques parasitaires.



Barrière sanitaire : des mesures simples mais indispensables




  • Nettoyer couteaux, planches et gamelles après chaque usage

  • Laver ses mains avant et après la manipulation de viande crue

  • Conserver les aliments crus séparément dans le réfrigérateur

  • Respecter la chaîne du froid jusqu’à la distribution




Si votre foyer compte de jeunes enfants, de personnes âgées ou des sujets immunodéprimés, une prudence accrue s’impose pour éviter toute transmission croisée avec la viande crue.



Reconnaître les signes d’alerte et s’entourer




Sur un régime BARF, la vigilance du maître est précieuse. Il est fondamental de savoir repérer rapidement des signes de troubles digestifs (diarrhées, vomissements, constipation), des modifications du pelage, une perte d’appétit ou un animal qui semble fatigué. Ces symptômes peuvent, dans certains cas, traduire une anomalie du régime.




En cas de doute, n’hésitez jamais à consulter votre vétérinaire. Un suivi régulier, ponctué d’analyses sanguines, d’examens du poids et de l’état général permet d’anticiper d’éventuels déséquilibres et d’apporter les correctifs nécessaires. La littérature vétérinaire recommande une réévaluation au moins tous les 6 à 12 mois pour chaque chien nourri au BARF.




Enfin, sachez qu’il existe aujourd’hui des formations et des accompagnements spécialisés pour aider les propriétaires à élaborer des menus crus adaptés et sécurisés. Prendre ce temps d’apprentissage, c’est investir dans la santé de son chien sur le long terme.



Bonnes pratiques et alternatives si le BARF ne convient pas




Le BARF n’est pas dangereux pour votre chien à condition d’être attentif aux règles évoquées. Toutefois, chaque animal est unique ; certains chiens toléreront très bien cette alimentation, alors que d’autres présenteront des difficultés digestives ou logistiques. N’oubliez jamais que le passage au BARF doit se faire progressivement, avec patience et observation.




Si vous hésitez à sauter le pas, il existe des alternatives comme les rations ménagères cuites (avec un équilibre adapté) ou les croquettes haut de gamme sélectionnées selon les besoins particuliers de votre animal. L’important reste de préférer une alimentation individualisée, suivie et adaptée pour apporter toutes les garanties de santé à votre compagnon.





Sources utilisées



  • Hand, Thatcher, Remillard, Roudebush, Novotny, « Nutrition clinique du chien et du chat », Elsevier, 2011

  • Fédération des Vétérinaires d’Europe (FVE), « Risks associated with raw pet food diets », 2020

  • Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSES) — www.anses.fr

  • Jutta Ziegler, « Le guide de l’alimentation naturelle du chien », 2012

  • Source interne : littérature vétérinaire / nutrition canine









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